Championnat de France des rallyes 2008 l Rallye du Mont-Blanc
Première écourtée
Vendredi 29 aout, il fait déjà chaud en ce milieu de matinée sur les hauteurs de Borée. Nous sommes à quelques encablures de chez Jean Marie Cuoq pour essayer sa 307 qui sera notre jouet pour les deux prochaines manches du championnat de France des rallyes. Il faut bien avouer qu’à l’issue de cette séance d’essai, nous étions Eric et moi un peu dubitatifs quant au ressenti de cette voiture. Certes, elle diabolique d’efficacité, mais l’auto est tellement aseptisée, elle absorbe toutes les bosses, les trous, les cordes sans jamais bouger. Bref, nous attendions avec hâte d’être au premier point stop du rallye du Mont-Blanc la semaine suivante pour savoir où nous nous situions réellement.
Une semaine plus tard, vendredi 5 septembre. Le rallye du Mont-Blanc est à peine lancé, et déjà nous tentons un coup de poker en chaussant des slicks pour la première boucle de 4 ES. Nous sommes les seuls à oser ce pari. Si les deux premières ES très courtes sont encore franchement humides, la troisième (Alpes du Léman 26Km) est déjà plus mitigée, et les quatre 307 de tête se tiennent en 5 secondes sur ce chrono. La dernière spéciale de la boucle allait être plus favorable à notre monte pneumatique, et nous allons signer là notre premier temps scratch. Eric s’adapte de mieux en mieux au pilotage de la 307, c’est de bon augure… Le début d’ après midi sec et chaud va tous nous mettre sur un pied d’égalité, et c’est « slicks » pour tout le monde. Dans L’ Encrenaz, les modifs apportées sur l’auto en assistance l’ont rendu trop dure, et à l’issue de cette ES, Eric assouplira un peu les réglages d’amortisseurs. C’est nettement mieux dans le chrono de Morillon où on se montre néanmoins assez prudent à cause du début hyper piégeux. Avant même l’ES N°6, Bengué a rendu son carnet suite à une double crevaison, ce qui nous propulse au deuxième rang du classement provisoire derrière Ludo Gal et Gilles De Turckheim qui découvrent tout deux aussi la 307. Et puis arrive le premier juge de paix de l’épreuve. Joux Plane et ses 19 Km. Eric adore cette spéciale, moi aussi d’ailleurs ; nous la connaissons quasiment par cœur, et c’est ici qu’inconsciemment nous décidons de frapper un coup. Manque de chance, ça ne durera pas bien longtemps. Environ 3,5 Km après le départ, plus moyen d’enclencher le moindre rapport. Une alarme au dashboard nous signale un défaut d’embrayage ; nous basculons sur le mode manuel, mais rien n’y fait, nous devons immobiliser notre beau jouet sur le bord de la route. En fait, c’est l’arbre primaire de boite qui a cédé, et voilà encore une course qui se termine prématurément pour nous. Bien sur, la déception est grande, mais c’est le jeu… Il nous faudra absolument gagner au Touquet. Sur la Côte d’Opale, je serais à domicile et je vous avoue que ça me ferait plaisir d’y signer ma toute première victoire scratch.
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